[La gravure sur métal ou taille douce, texte et image Judith Devaux.]
La gravure sur métal fait partie de la grande famille des estampes.
Dans la taille-douce, le dessin est exécuté sur une plaque de métal, cuivre ou zinc, et inversé gauche droite. L’on peut s’aider au moyen d’un miroir pour sa réalisation, afin de considérer le résultat qui sera obtenu. Mais parfois cette inversion n’est pas une contrainte, ceci dépend de chaque œuvre et de chaque artiste.
Les techniques illustrées ici sont les suivantes :
- POINTE SÈCHE :
[tête de coq]
Le dessin est tracé directement sur la plaque de cuivre (ou moins souvent de zinc, moins dur et donc moins adéquat pour cette technique). La pointe-sèche se caractérise par un tracé velouté, légèrement inégal, dû à la manière dont le métal soulevé va garder l’encre.
- EAU-FORTE
La plaque de métal est tout d’abord recouverte d’un vernis. Puis on va dessiner au moyen d’une pointe très fine qui va ôter le vernis sans rayer la plaque. Celle-ci est ensuite plongée dans l’acide plus ou moins longtemps, c’est la morsure qui va donner son intensité au trait.
La sensation obtenue est très proche de celle du dessin au crayon.
- AQUATINTE
[ flamants roses sur papier japonais]
Elle permet d’obtenir non plus seulement du trait mais des surfaces.
La plaque est recouverte de particules de colophane et légèrement chauffée pour les fixer. On va ensuite recouvrir de vernis les parties qui devront rester vierges. La plaque subit ensuite une ou plusieurs morsures à l’acide.
Pour pouvoir dessiner son positif et non son négatif, on peut pratiquer « l’aquatinte au sucre ». Le dessin est réalisé au pinceau au moyen d’une encre de Chine additionnée de sucre. Une fois sec, il est recouvert d’un vernis de protection. Celui-ci sec à son tour, on plonge la plaque dans l’eau chaude. Le sucre se gonfle d’eau, fait sauter le vernis et le dessin apparaît. On peut ensuite procéder à l’aquatinte.
-VERNIS MOU
[étude de grues] Il permet de prendre des empreintes ou de trouver un rendu proche de celui du crayon gras ou de la mine de plomb.
La plaque est enduite d’un vernis mou, travaillée au crayon ou à l’empreinte, puis subit la morsure comme dans les autres cas.
Il est possible de travailler plusieurs fois une même plaque en combinant les techniques. A chaque étape, la plaque sera nettoyée, dégraissée, préparée au vernis adéquat, etc.
Exemple : les Trois singes : aquatinte et eau-forte
Par ailleurs, on peut travailler deux plaques de même format qui seront imprimées sur la même feuille au moyen de repères, chaque plaque supportant une technique et souvent une couleur différente.
Exemple : Flamants roses dormant, trait et couleur. |